Magazines 2022 Nov - Dec Défendre la dignité humaine

Défendre la dignité humaine

03 November 2022 By Bruce Clemenger

L'indifférence face à des questions telles que la prostitution n'est pas une option.

Traduit par François Godbout. Ce texte en anglais

Ici à l’AEC, nous suivons toujours les affaires judiciaires, et parfois des affaires surgissent qui nous obligent à considérer les normes sous-jacentes de notre société. Ces affaires mettent en cause les normes sociétales et les principes de justice qui sous-tendent non seulement la Charte canadienne des droits et libertés, mais aussi l'ensemble de notre système de lois.

Ce n'est pas sans raison que notre Code criminel a été qualifié de système de moralité appliquée. Il reflète un accord fondamental sur l'importance de la dignité humaine, des droits de la personne et de la protection des autres contre la coercition et l'exploitation. Respecter la dignité des autres, c'est aussi la respecter pour nous-mêmes.

La compréhension et l'affirmation de la dignité humaine sont essentielles à nos notions de respect mutuel et au soutien que nous apportons aux droits de l'homme. Lorsque des actions sont nuisibles ou portent atteinte à la dignité humaine, elles doivent être réprimées.

La dignité humaine est contestée au nom de l'autonomie individuelle au Parlement et devant les tribunaux..

Cet engagement envers la dignité humaine est contesté au nom de l'autonomie individuelle au Parlement et devant les tribunaux.

L'un de ces litiges porte sur nos lois sur la prostitution. Lorsque le Parlement a introduit ces lois en 2014, la législation était fondée sur le principe que la prostitution est intrinsèquement une forme d'exploitation et qu'elle porte atteinte à notre engagement sociétal envers la dignité humaine. Mais ce jugement sur la prostitution est remis en question dans une affaire portée devant un tribunal ontarien.

Nos lois actuelles traitent la prostitution comme une forme d'exploitation sexuelle qui a un impact négatif et disproportionné sur les femmes et les filles. Bien que certaines personnes croient qu'elles ne sont pas exploitées lorsqu'elles se prostituent, le Parlement a conclu que toute prostitution porte atteinte à la dignité et à l'égalité en faisant du corps humain un objet et en faisant de l'activité sexuelle un produit de consommation.

Elle a des conséquences non seulement pour les personnes concernées, mais aussi pour toute notre société. Nous ne pouvons pas prétendre défendre la dignité de chacun d'entre nous et permettre la prostitution de certains d'entre nous. Il n'y a de place ni pour l'ignorance ni pour l'indifférence.

Comme l'AEC l'a noté dans notre argumentation devant la Cour, la Convention pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui des Nations Unies déclare que la traite et la prostitution sont « incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine, et mettent en danger le bien-être de l'individu, de la famille et de la communauté ».

Comme l'a dit un juge de la Cour suprême, elle est « dégradante pour les femmes » et « une forme d'esclavage ».

Sur des questions comme celle-ci, il n'y a pas de position neutre. Ne pas avoir de loi revient à prendre parti sur la moralité de la pratique et son impact sur le tissu social de notre société.

Les opposants à la loi soutiennent qu'en tant que participants volontaires, ils sont privés de leur droit à la liberté. L'exercice de leur autonomie individuelle est, selon eux, indissociable de leur dignité.

Le psaume 82 nous exhorte à défendre la cause des personnes faibles qui sont opprimées.

Toutefois, si l'on considère que la prostitution est essentiellement une forme d'exploitation, le fait de s'y livrer ne peut jamais être compatible avec le respect de la dignité d'une personne. Il ne s'agit pas simplement d'un choix personnel et privé. Au contraire, comme nous l'avons soutenu devant le tribunal, « elle soulève des questions fondamentales de dignité et d'égalité, et est indissociablement liée à des problèmes conséquents tels que les abus, la coercition, la manipulation, l'agression, la traite, les traumatismes physiques et émotionnels, les croyances et attitudes néfastes sur le sexe et le genre, l'inégalité et plus encore ».

Ces préjudices, ces dommages, sont endémiques à la prostitution et ne sont pas des éléments que l'on peut éviter en ajustant la législation ou en déformant les concepts de la dignité humaine.

Les Écritures regorgent de mises en garde contre l'exploitation et d'appels à prendre soin des personnes vulnérables et marginalisées. Le psaume 82 nous exhorte à défendre la cause des personnes faibles qui sont opprimées. Jésus utilise les prophéties concernant la libération des opprimés pour annoncer la bonne nouvelle de l'Évangile (Luc 4:16-19). Jésus a proclamé la vérité aux puissances qui font du mal aux gens. Nous ne pouvons pas faire moins.

Il est essentiel que nous nous engagions devant les tribunaux et dans les débats en faveur du maintien de la dignité humaine et de la protection des personnes vulnérables contre l'exploitation, la victimisation et les abus. La société et les lois qui nous gouvernent doivent aller dans le sens de la défense de la dignité humaine, et non de son érosion.

Nous défendons les personnes qui ont besoin de protection, la dignité et l'égalité de tous. Dans ce processus, nous promouvons une compréhension de la dignité humaine et du respect de l'autre en accord avec le fait d'être créé à l'image de Dieu. C'est notre témoignage, et c'est notre voix dans la société canadienne en tant que Chrétiens.

bruce j clemenger
Bruce J. Clemenger est président de l'Alliance évangélique du Canada. Veuillez prier pour notre travail et nous soutenir à www.TheEFC.ca/Donate ou au numéro gratuit 1-866-302-3362.

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