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Faire face à la cri$e financière personnelle

04 May 2026 By Adam MacInnis

Une aide chrétienne pour les difficultés financières et de logement

Traduit par François Godbout. Ce texte en anglais

Alexa McQuillan sait combien il est facile de s’endetter – et combien il est difficile de s’en sortir.

Mme McQuillan travaillait loin de chez elle, en Ontario – pour une organisation chrétienne à but non lucratif à Hawaï – lorsqu’elle s’est luxé le genou. L'assurance a couvert les frais d'hospitalisation initiaux, mais elle a dû payer elle-même la physiothérapie qui a suivi. N'ayant pas les moyens de la payer, elle l'a réglée avec sa carte de crédit.

Pour aggraver les choses, à son retour au Canada, des problèmes de santé l'ont empêchée de travailler pendant un certain temps. Ses factures de carte de crédit ont commencé à s'accumuler jusqu'à ce qu'elle doive près de 7 000 $. Elle disposait d'un très petit revenu et il semblait impossible de rembourser cette somme.

Son téléphone en mode silencieux pour ne pas entendre les appels des agents de recouvrement, elle a imploré Dieu de l’aider. « Seigneur, je ne sais même pas si tu fais ce genre de choses, mais s’il existe une organisation chrétienne qui aide les personnes endettées, fais-le-moi savoir », se souvient-elle d’avoir prié.

Quelques jours plus tard, elle a entendu parler de Christians Against Poverty, une organisation financière à but non lucratif basée dans sa ville de Hamilton, en Ontario, qui aide les églises à venir en aide aux personnes en situation de pauvreté (CAPCanada.org).

Le personnel de l’organisation l’a rencontrée en ligne (car c’était pendant la pandémie), a discuté des causes de son endettement et lui a proposé un plan d’action. Ce plan comprenait une planification budgétaire et un échéancier de remboursement qui lui permettraient de se libérer de ses dettes en environ un an. Alors qu’elle n’avait plus aucun espoir auparavant, on lui en a soudainement offert.

Ceux qui sont en difficulté ne sont pas seuls

Ceux d’entre nous qui sont aux prises avec des difficultés financières ne sont pas seuls. D’après les données d’une enquête de 2025, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada rapporte que près de la moitié des Canadiens ont perdu le sommeil à cause du stress financier. Un tiers des Canadiens déclarent manquer d’argent à la fin de chaque mois.

« Chaque fois que nous examinons les sources de stress et de pression auxquelles les gens sont confrontés, les finances arrivent en tête de liste », explique Will MacLaughlin, PDG de CAP Canada.

Comme il s’agit d’un sujet qui touche tant de personnes, M. MacLaughlin estime qu’il est essentiel que les chrétiens n’ignorent pas ce qui se passe, même s’ils se rappellent la provision et la bonté de Dieu. Il y voit une occasion de former les chrétiens à s’éloigner du consumérisme pour se tourner vers le contentement, et d’aller vers ceux qui souffrent sous le poids de la dette.

« Si nous ne nous exprimons pas sur ce sujet, nous laissons le monde s’exprimer à notre place, et cela peut être très dangereux à une époque marquée par la comparaison, la division, le marketing ciblé et les réseaux sociaux qui encouragent une mentalité de consommation », explique M. MacLaughlin.

CAP propose des services de conseil en matière d’endettement et enseigne aux gens comment établir un budget, mais une différence essentielle réside dans le fait qu’ils commencent par enseigner aux gens à trouver leur identité en Christ et non dans un chiffre figurant sur un relevé bancaire.

« Si la gestion budgétaire ou les finances ne concernaient que des chiffres, nous pourrions envoyer une calculatrice à tout le monde ou leur faire télécharger une application, et cela suffirait. Mais ce que nous essayons de faire, c’est d’accompagner les gens dans leur cheminement », dit-il.

Une partie du ministère consiste également à équiper les églises qui peuvent ensuite offrir de l’aide aux personnes de leur propre communauté.

CAP propose deux programmes aux églises. Le premier est un cours de base sur la gestion budgétaire destiné à aider les gens à apprendre les principes de bonne gestion financière, d’épargne et de dépenses. Le deuxième cours s’adresse aux personnes qui se sentent dépassées par le niveau de leur endettement.

Programmes basés sur la relation

« Nous faisons cela avec l’église locale parce que nous voulons nous assurer que cela repose sur la relation et sur le lien », explique M. MacLaughlin. « Cela signifie que nous avons le privilège de croiser le regard de personnes qui regardent peut-être leur solde bancaire, et ce solde leur dit : “Tu es un raté.” “Tu as laissé tomber ta famille.” “Tu n’y arriveras pas. ” »

Ils peuvent orienter ces personnes vers Christ.

« Jésus vous invite à venir à Lui si vous êtes fatigués et accablés, car Il veut vous donner du repos. Il veut que vous trouviez le repos pour votre âme. »

En offrant aux gens l’espoir en Christ pour répondre à leurs besoins spirituels et des conseils pratiques pour répondre à leurs besoins matériels, ces mêmes personnes qui sont venues en désespoir de cause commencent à entrevoir une voie à suivre.

« Nous entendons les gens dire : “Je me trouvais dans une période vraiment sombre. Je n’avais l’impression qu’il n’y avait aucune issue. Et maintenant, je vois une voie à suivre” », explique M. MacLaughlin.

« Certains étaient tellement accablés avant de chercher de l’aide qu’ils avaient envisagé le suicide, ajoute-t-il. Mais Jésus prend ces moments les plus sombres et les transforme en de belles histoires de rédemption ».

La demande pour les programmes CAP est forte au Canada, et il existe désormais plusieurs centaines d’églises formées pour proposer leur cours de base sur la gestion budgétaire.

Mme McQuillan a traité directement avec le siège social de CAP à Hamilton au cours de son parcours financier. L’aide qu’elle a reçue lui a permis de rembourser toutes ses dettes et de continuer à gérer son budget pour un avenir financier solide. Pendant un certain temps, elle a même fini par travailler elle-même pour CAP, offrant aux autres le même soutien qu’elle avait reçu.

Elle adorait pouvoir partager son histoire avec les personnes qui appelaient.

« Avoir des gens qui se soucient de vous sans vous juger ni vous faire honte, je pense que c’est une formidable occasion pour les gens de rencontrer Jésus », dit Mme McQuillan.

Des intendants, pas des propriétaires

Il existe d’autres organisations et personnes au Canada qui aident également à guider les chrétiens dans la gestion de leurs ressources.

Mohny Singh, fondateur de Roone153 Financial Advisors, a travaillé pendant plus de 40 ans dans le secteur financier à Halifax avant de s’installer à Ottawa (Roone153.net). Il s’est donné pour mission d’enseigner aux gens les principes bibliques de la gestion de leur argent.

L’un des premiers principes qu’il enseigne est que les gens doivent se considérer comme des intendants et non comme les propriétaires des ressources dont Dieu les a bénis.

« Et au bout du compte, nous devrons rendre des comptes sur la façon dont nous gérons ces ressources que Dieu nous a confiées », dit-il.

Que vous gagniez le salaire minimum ou un salaire à sept chiffres, M. Singh explique qu’il s’efforce de transmettre cinq thèmes principaux :

Dîmes et offrandes

Assurance

Dette

Fonds d’urgence

Épargne

Il étaye chacun de ces points par des références bibliques. Par exemple, en ce qui concerne la dette, il peut citer Proverbes 22:7, qui dit que l’emprunteur est l’esclave du prêteur.

En ce qui concerne l’épargne, M. Singh souligne comment Joseph a conseillé au pharaon d’Égypte de stocker du grain pendant les années d’abondance afin d’en avoir suffisamment pour les années de famine, citant cet exemple pour encourager les croyants à épargner en prévision des temps difficiles.

Lorsque les gens mettent ces principes en pratique, dit-il, leur vie s’améliore.

Un espoir face à la crise du logement

Pour de nombreuses familles, l’une des plus grandes pressions financières est le logement.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, environ 35 % des ménages à faible revenu au Canada consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible au remboursement d’un prêt hypothécaire ou au loyer.

Rebecca Pousette a étudié l’urbanisme et a travaillé pendant des années avec des organisations chargées de répondre aux besoins en matière de logement. Elle est actuellement responsable du logement chez Housing Squamish, un organisme à but non lucratif situé à Squamish, en Colombie-Britannique, et s’entretient quotidiennement avec des personnes qui peinent à trouver un logement abordable.

« Les gens ont du mal à payer leur loyer, et ce sont des personnes qui ont de très bons emplois, explique Mme Pousette. Ce sont des familles à double revenu qui vivent littéralement de salaire en salaire. C’est vraiment incroyable de voir avec quoi les gens survivent en ce moment. »

Elle estime qu’il est important que les chrétiens ne se contentent pas d’en prendre conscience, mais qu’ils agissent. Lorsque Jésus a dit que les deux plus grands commandements sont d’aimer Dieu et d’aimer son prochain, elle pense que mettre cela en pratique implique notamment de contribuer à ce que les gens aient un toit au-dessus de leur tête.

« Honnêtement, je suis tout simplement choquée par les gens qui pensent que ce n’est pas important. »

Aider à la question du logement peut sembler une tâche titanesque, mais Mme Pousette encourage les chrétiens à ne pas sous-estimer l’impact que peut avoir même une aide modeste. Un panier de courses peut par exemple faire la différence entre quelqu’un qui parvient à payer son loyer ce mois-là ou non.

« Ces petites choses comptent vraiment beaucoup », dit-elle.

D'après son expérience, Mme Pousette estime qu'il existe plusieurs façons pour les chrétiens et les églises de s'impliquer directement et indirectement, notamment en apportant leur soutien à des projets, en s'engageant auprès d'organisations d'aide au logement et, lorsque c'est possible, en menant eux-mêmes des projets.

Mme Pousette encourage les chrétiens à soutenir les projets de logement dans leurs quartiers et à rejeter la position « pas dans ma cour » qui apparaît souvent lorsque des logements abordables sont proposés.

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Elle encourage les chrétiens à soutenir les projets de logement dans leurs quartiers et à rejeter l’attitude « pas dans ma cour » qui se manifeste souvent lorsque des logements abordables sont proposés.

« Je pense que les églises ou les chrétiens sont extrêmement bien placés pour prendre la parole au nom de leurs voisins qui ont moins de moyens », dit-elle.

Ce soutien peut se traduire par une participation à une réunion municipale ou communautaire pour faire entendre la voix de ceux qui manquent de logements abordables, et par un soutien aux projets proposés pour y répondre.

Souvent, l’opposition aux projets de logement repose sur des informations erronées, explique Mme Pousette, c’est pourquoi il est important que les chrétiens y remédient en s’informant correctement. Par exemple, certaines personnes craignent que les logements soutenus ne modifient le caractère de leur quartier ou n’aient un impact négatif sur la valeur immobilière. Les faits démontrent le contraire.

« Ne sous-estimez jamais le pouvoir de votre voix en tant que citoyen dans une démocratie », encourage-t-elle les chrétiens.

Les chrétiens peuvent également avoir un impact positif en s’impliquant dans des projets de logement tels que ceux menés par Habitat pour l’humanité.

« C’est un témoignage incroyable que de simplement se montrer et d’être présent auprès de ces organisations qui font un travail vraiment remarquable dans votre communauté, dit-elle. Je pense que se rendre sur place et être un bénévole ou un membre du conseil d’administration fiable est une façon formidable de s’engager. »

S’inspirer de Vancouver

Lorsque Mme Pousette vivait à Vancouver, elle s’est impliquée dans un projet de logement lancé par l’église Grandview, appelé Co:Here, qui proposait des logements à revenus mixtes (CoHereHousing.com).

« Je pense que ce qui s’est passé à Grandview, c’est que l’église a vraiment commencé à se demander : “Qui sont nos voisins ? Quels sont leurs besoins ?” »

À partir de là, ils se sont posé deux questions : « De quoi disposons-nous ? » et « Que pouvons-nous offrir ? »

Ils ont commencé à servir des repas depuis le sous-sol de l’église. Grâce à cette initiative, ils ont pris conscience du besoin de logements abordables.

« Je dirais que cela est en quelque sorte né d’une écoute collective de l’Esprit Saint autour de la question : “Quelle est la vocation de notre église à ce moment précis, dans ce quartier précis ?” », explique Mme Pousette.

Toutes les églises n’auront pas les ressources ou les locaux nécessaires pour reprendre cette approche, mais Mme Pousette encourage les églises à prier pour explorer les possibilités.

« En tant que membre de la congrégation, cela a été très enrichissant, dit-elle. C’était formidable de participer à une action concrète avec d’autres membres de la congrégation. »

Tim Dickau a été pasteur principal de la Grandview Church pendant 30 ans, y compris pendant la période où Co:Here a été développé. Il a pu voir le projet passer d’une simple idée à un immeuble de 26 appartements. Il met aujourd’hui à profit l’expertise acquise grâce à cette expérience de leadership en tant que directeur de Citygate (CitygateVancouver.org).

Citygate aide les églises à s’engager dans leur quartier pour répondre à des problèmes tels que l’insécurité alimentaire et les difficultés de logement. Grâce à son travail, il a eu l’occasion de s’entretenir avec des responsables d’églises à travers le Canada au sujet des besoins et des opportunités dans leurs propres régions.

Au cours de ses déplacements et de ses interventions, M. Dickau cite désormais l’exemple de ce qui s’est passé à Grandview.

« Toutes les églises ne se prêtent pas à un projet immobilier, en raison de la superficie de leur terrain, de leur emplacement, etc., mais beaucoup d’églises peuvent réaménager leurs bâtiments soit pour le logement, soit pour le bien de la communauté », explique M. Dickau.

Ce qu’ils ont constaté, c’est que les églises actives peuvent utiliser des terrains inutilisés, et que celles qui ferment ou déménagent peuvent s’assurer que leurs anciens locaux sont utilisés d’une manière qui profite à leur quartier. Par exemple, il connaît une église au Nouveau-Brunswick qui a déménagé vers un nouveau site et a rénové son ancien emplacement pour en faire un centre communautaire.

Bien que répondre aux besoins soit important en soi, M. Dickau a déclaré qu’il avait également constaté que cela profitait aux églises. Lorsque des logements sont construits près de l’église, cela peut également permettre aux membres de l’église de vivre au sein de la communauté et de nouer des liens plus étroits avec leurs voisins que s’ils se contentaient de faire l’aller-retour en voiture le dimanche.

À Grandview, avant son départ, M. Dickau a indiqué qu’environ 300 personnes fréquentaient l’église, dont 70 % habitaient à distance de marche.

Lorsque des logements sont construits près de l’église, cela peut aussi permettre aux membres de l’église de vivre au sein de la communauté et de nouer des liens plus étroits avec leurs voisins.

« Ce bâtiment n’a fait que renforcer le sentiment : “C’est notre quartier, nous en prenons soin et nous en sommes responsables” », explique-t-il.

M. Dickau encourage ceux qui souhaitent explorer les possibilités de logement sur le terrain de leur église à consulter un expert.

« Il est vraiment important de trouver un consultant expérimenté et compétent pour mener ces discussions dès vos premières explorations des possibilités », dit-il.

Il existe souvent des possibilités de subventions qui peuvent aider à couvrir le coût de ces études de faisabilité.

« Il existe de nombreux exemples d’approches différentes, dit-il, allant d’églises ajoutant des maisons modulaires sur des terrains inutilisés à des organisations comme Indwell, une association chrétienne à but non lucratif spécialisée dans le logement de soutien qui a transformé d’anciens bâtiments d’église en logements pour les personnes dans le besoin. »

Il estime que c'est le genre d'œuvre que Dieu voudrait que son peuple accomplisse.

« Je pense que cela est au cœur même de la prise en charge des plus vulnérables », dit-il.

Ressources supplémentaires

Christians Against Poverty est une association à but non lucratif qui aide les églises à se doter des moyens nécessaires pour venir en aide aux personnes en situation de pauvreté (CAPCanada.org). Elle propose un cours sur la gestion budgétaire et dispose d'une ligne d'assistance pour les dettes au 1-855-214-9191.

KingdomAdvisors.com est une association de conseillers financiers chrétiens disposant de son propre annuaire de Certified Kingdom Advisors (FaithFi.com/find-a-cka).

Relèven est une organisation caritative canadienne qui aide à préserver, restaurer et réaménager des églises sous-utilisées en centres communautaires et en logements abordables (Releven.org).

Indwell est un organisme caritatif chrétien canadien qui crée des communautés de logements abordables destinées à soutenir les personnes en quête de santé, de bien-être et d’un sentiment d’appartenance (Indwell.ca).

Reimagine Church Land Community est une coalition de groupes chrétiens au Canada qui collaborent pour repenser l’utilisation des biens immobiliers des églises. Elle trouve ses racines à CityGate Vancouver et sa prochaine conférence annuelle aura lieu les 19 et 20 mai 2026 à Halifax (ReimagineCLC.ca).

Retrouvez des liens vers les articles de Faith Today sur les finances personnelles, l’endettement et l’argent sur FaithToday.ca/Finances.

Adam MacInnis est un écrivain de New Glasgow, en Nouvelle-Écosse. Illustrations par Blair Kelly.

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